Review of PHANTOM IRIS X 2020

Title : Essai transformé ! ...

Test conditions

Associated test equipment: Foil F4 freerace (fuselage 90, aile 800) , IRIS SF en 6 et 8m

Test duration: 5 hours

Test conditions (wind, sea state conditions): Vent de Sud Est 12-15 knt / houle et clapot bien formé -puis Ouest 10-20 knt

Test place: La ciotat

Tester weight: 78 kg

Tester start 5 years ago


Test report

Après une prise de contact avec le prototype il y a 3 mois, nous étions impatients de tester le modèle définitif de cette board phantom freerace. Le premier contact avait été plutôt intéressant, et la genèse de la bête fait rêver : dessinée par Nicolas Goyard, on a affaire à un connaisseur. 

Déballage

Bien que fabriquée comme la plupart des planches du marché chez Cobra, nous avons eu la bonne surprise de déballer ce flotteur, accompagné d'une jolie housse en néoprène contenant les straps, et un jeu de rondelles inox ovales (que nous vendons séparément ici). Ce n'est pas grand chose, mais c'est le signe que la marque se préoccupe de l’utilisateur.

Rondelle ovales

La déco est très sobre avec ce soir mat. Cela met en valeur les détails du shape , et on est tout de suite frappé par les rails très incisifs, et le gros V sur l’avant de la carène.

carène phantom Iris x

En terme de plan de pont, on retrouve des plats inclinés sous les pieds , comme on l’avait déjà vu chez Elix, mais cette fois sans aucun concave. Les positions de straps sont variées, même si nous verrons que l’on aurai encore gagné à avoir une barette de plus sous le pied avant.

Prise de contact

En terme de stabilité à l'arrêt, rien à dire de particulier. Les 150L sont bien là (voir un peu plus). On a vu encore plus stable avec un tel volume, mais compte tenu de la forte épaisseur de la planche, le roulis reste raisonnable pour les manoeuvres ... même dans la houle, et y compris sur les virements de bord, car le volume est bien présent à l'avant

Décollage

Côté décollage et accélération naturelle, on a déjà vu plus de glisse sur des flotteurs plus pincés (Starboard 122 et 125, fanatic Sting ray 120, JP Hydrofoil 120, Horue Tiny, Exocet et JP Freefoil), mais pour une planche de 83cm de large typée free-race, l’IRIS X s’en sort très bien. L’accélération naturelle est aussi bien que la JP hydrofoil 135 et la Tabou AirRide 81, donc mieux que la Starboard F150 ou la String Ray 140. 

En terme de stabilité du flotteur pendant la phase de pumping, on est sur un bon compromis : il ne fallait pas des cuts plus longs ou plus profonds. Pour situer par rapport à la concurrence, on est plus stable (et on a plus d'appui) sur cette phase qu'avec une Tabou AiRide, mais on est en deçà d'une Starbaord F150, Horue Airtime ou JP Hydrofoil. Par contre, si le pop est un poil moins immédiat que la nouvelle exocet RF, il est meilleur que sur tous les autres modèles. Pour les pratiquants de bon niveau, c’est un élément essentiel car ce mode de décollage permet d’exploiter plus efficacement les conditions light wind ou sous-toilées en raccourcissant la phase de pumping.

Phantom Iris X Board 2020

En vol

Dès les premiers mètres en l'air, ce qui marque le plus est la compacité du flotteur. Il est très difficile d'imaginer à ce stade que l'on est sur un flotteur qui fait plus de 150L. Certes c'est plus encombrant que la Airtime 125, mais on est très loins des sensations que l'on a sur une Starboard F150 par exemple. On se croirai plus sur une planche de 130L, et elle a pourtant moins d’inertie qu’une JP hydro 135.

Sous les pieds, le plan de pont est très consensuel : ils satisfera autant les amateurs de pont plat (comme moi), ou ceux qui préfèrent un arrondi. Seuls les amateurs d'angle sous le pied (comme sur les flotteurs de slalom traditionnels) pourront être déçus, mais on voir bien que ce type de forme (que l'on avait sur les premières boards comme la JP hydrofoil 135) tend à disparaitre. La position du strap avant, à la fois avancée et ouverte, nécessite un temps d’adaptation. Le pied arrière se pose sur un plan incliné, qu’il soit dans le strap ou devant. Ceci permet d’avoir le pied parfaitement calé même lorsque l’on est hors du strap (au près dans le light ou dans les grosses abattées). Malgré la compacité de la planche, on a une sensation de puissance sous le pied arrière lorsque l’on est dans le strap. On ressent plus de contrôle qu’avec la Tabou Aride ou la Starboard F150, mais moins qu’avec la nouvelle RF81.

Phantom Iris X Board 2020

Lors des manoeuvres, le plan de pont légèrement bombé est un peu moins facile qu’un pont plat mais on s’y fait assez vite. Ca donne juste un peu moins d’assurance. Seule la position très excentrée du strap avant m’a réellement gêné pour boucler les aire-jibe , mais là encore, ce sera certainement une question d’adaptation. 

Stabilisation aérodynamique

Le 2eme effet surprenant nous parvient lors de la première vraie accélération au lof ou au travers : le flotteur est ultra calé ! J’avais déjà eu cette impression lors du test fugace du proto, mais cela se confirme sur cette version de série. Que ce soit sur la plan longitudinal, qu'en lacet, on a presque l'impression qu'il y a un petit fantôme (le secret de la marque ???) invisible qui tient le nez du flotteur pendant l’accélération. On se retrouve à des vitesses indécentes sans forcer et surtout sans se faire peur. Nous sommes plusieurs à avoir essayé la X, et nous avons tous eu la même impression. L’un des testeurs nous a ainsi signé une Vmax à 27knt sur son premier bord. 

Ce qui est étonnant, et contradictoire, c’est cette sensation de planche qui semble ‘petite’ à côté d’une Foil 150 par exemple, mais à la fois plus calée à vitesse soutenue que tous les autres flotteurs de la catégorie. C’est ce qui me laisse à penser que l’effet de stabilisation est d'origine aérodynamique. Cet effet à l'air de se mettre en place en particulier en position de légère contre gîte.

Contrôle et touchettes

Coté facilité de contrôle dans le vent soutenu, la IRIS X fait mieux que la Starboard F150, la Tabou AirRide 81, ou la JP Hydro 135, mais fait un peu poil moins bien que la RF, la Fanatic Sting 140 ou la Airtime. Ceci est essentiellement dû à puissance supérieure générée par l’arrière plus épais. C’est partiellement compensé par la stabilisation et la moindre prise au vent. 

La gestion des touchettes sur le rail est juste parfaite. Elle rejoint la nouvelle RF 81 au rang des 2 meilleurs de la catégorie de ce point de vue. Sur les contacts plus appuyés devant, elle freine également très peu, mais à ce niveau, la RF 81 fait encore mieux grace à son très gros volume qui rebondit plus franchement. Quant aux touchettes à plat, RAS, les cuts assez prononcés jouent leur rôle parfaitement. 

combi iris x freerace

Bilan

Après un rapide aperçu il y a 3 mois, ce test plus complet confirme nos premières impressions concernant la planche de freerace foil IRIS X. Pour sa première gamme, Phantom signe un coup de maître grace à sa collaboration avec Nicolas Goyard. 

Ce flotteur vient ainsi accompagner le nouvelle Exocet RF81 au rang des flotteurs de free-race foil les plus modernes du marché actuel. Ces 2 planches apportent chacune des innovations marquantes, et une combinaison très réussies des différents paramètres de shape dans cette catégorie. EN ce qui concerne l’IRIS X, outre une gestion des touchettes idéale, un plan de pont très étudié, on découvre pour la première fois un vrai effet de stabilisation aérodynamique en vol rapide. Elle offre en outre une large combinaison de qualité. Compte tenu de la jeunesse de Phantom dans le domaine, ce flotteur sera probablement distribué en petite quantité, mais il mérite vraiment le détour.

Frédéric Bonnat like this review