Review of LOKEFOIL LK Race 2019

Title : Une douceur de conduite incroyable ...

Review of Hervé Sarrasin Hervé Sarrasin

posted 1 month ago

Test conditions

Associated test equipment: Patrik 91 Ai + Vapor Air 7m

Test duration: 6 hours

Test conditions (wind, sea state conditions): Vent irrégulier 10-20 knt

Test place: Gironde

Tester weight: 78 kg

Tester start 3 years ago


Test report

En fait, je viens de tester enfin cette aile MS725 décrite comme aile de "slalom-race"... 

Mais cette découverte revêt un caractère particulier en raison d'un vent tout particulièrement instable variant entre 10 et par moments plus de 20 kts. C'est en soi une contrainte pour apprécier un nouveau matériel mais c'est surtout une chance unique de balayer en une seule session les deux domaines pour lesquels cette aile est justement donnée ; à savoir son caractère "slalom" dans les vents médium et "race" au delà...

Je rappelle tout d'abord le combo utilisé pour ce test pour un rider de 78 kg et 1.75 m :

  • flotteur Patrik 91 200 Litres Airinside,
  • position pdm à 116 (mesuré depuis la boulonnerie avant DTT) correspondant aux recommandations de base de Loke,
  • straps AV plein avant ; straps AR plein AV de la position la plus AR car il y a deux positions AR possibles ; en clair un stance de 54 cm,
  • voile Vapor Air Ga Sails de 7 m² trimée "constructeur",
  • lignes de harnais à taquets coinceurs de type "race", réglés la plupart du temps de cette session sur 46 cm. Cette longueur conséquente permet d'adopter une position de pilotage de recherche de vitesse et de contrôle optimal de la puissance en déverrouillant les genoux pour exercer un maximum de transfert du poids dans le harnais en descendant le bassin,
  • un stabilisateur calé à 1° à piquer pour le foil de manière à réduire l'éventuelle tendance du foil à monter,
  • l'angle de rake fixé par la platine de carène défini par Loke est de 1° seulement ; cela peut paraître faible mais m'a toujours satisfait sur ce flotteur.

Avant de rentrer dans les chiffres et les relevés GPS et la polaire, je voudrais en résumé simplement dire que cette aile est du pur plaisir en pilotage et en performances.

Justement, question perfs, voici les résultats essentiels :

C'est une aile très agréable, rapide et nerveuse qui se comporte remarquablement bien pour remonter au près dans la brise avec des VMG qui passent les 10 kts et qui déboule au largue 125°/v à 21-22 kts dans une douceur de conduite incroyable ! Avec ce combo et notre pdm toujours à 116, la vitesse de décollage mesurée à plusieurs reprises se situe à 12-13 kts environ.

Je joins à cet essai la polaire fournie par le logiciel de Yann Mathet.

 

 

Voici cette fois l'étude détaillée de cette aile à l'issue de la deuxième session toujours avec le même combo Patrick 200 AirInside et Vapor Air de Ga Sails en 7.0 m² et dans des conditions toujours autant "débiles".

Tout d'abord, juste le rappel des chiffres déjà mentionnés dans mon dernier post : Des VMG qui passent les 10 kts et des vitesses au largue 125°/v à 21-22 kts dans une douceur de conduite incroyable ! Avec ce combo et notre pdm toujours à 116, la vitesse de décollage mesurée à plusieurs reprises se situe à 12-13 kts environ. Après une session complète dans des conditions encore une fois difficiles en raison de la forte instabilité du vent, voici le portrait que je pourrais dresser en ayant exploité cette aile sur environ cinq heures de navigation entre 15 et 25 kts de vent :

Le décollage

C'est effectivement la premier feeling que l'on acquiert sur une aile. En l'occurrence, c'est la souplesse et la progressivité qui ressortent. On est bien loin de l'aile "L" où l'on pouvait se permettre de lever en quelques mètres ! Cette 725 demande tout simplement de laisser partir le flotteur au planning et lui laisser atteindre suffisamment de vitesse au vent travers. Il est très important d'abattre franchement pour réaliser cette opération en toute élégance. Le combo s'allège alors en douceur et la transition vers le vol est à la limite du perceptible. Il faut bien observer car c'est hyper doux et c'est au bruit plus que tout que l'on identifie le début de la phase de vol ! C'est tout juste si cela ne pose pas un problème pour le relevé de la vitesse de décollage ; les yeux rivés sur le GPS...

Si l'on a chaussé le strap AR en finale de phase d'accélération au planning, un très léger pumping sur le foil permet de lever plus franchement et de resserrer le vent dans la foulée de manière instinctive.

Le près

Une fois en vol, il est tout à fait naturel de resserrer le vent de manière à faire monter au plus vite le vent relatif. Si cette 725 se prête parfaitement au jeu, on ne tarde pas à être un peu désorienté au début par la technique de négociation d'une rafale. Je rappelle que ces heures de vol ont été réalisées dans un vent particulièrement technique, oscillant entre 10-12 kts et 20-25 kts... Le réflexe dans une risée puissante est de resserrer le vent ; c'est très efficace et surtout indispensable avec une aile de grande surface. Mais en ce qui concerne notre "MS", si le le fait de "rentrer dans la rafale" est efficace, on est surpris par la baisse du régime de vol dès que le vent revient à la normale. Il devient rapidement évident qu'il est nécessaire d'ouvrir son angle par rapport au vent de manière à conserver une hauteur de vol constante et pour éviter même d'aller jusqu'à un posé en glissade (touchette longue). C'est vraiment nouveau par rapport à une aile de light-wind et une fois l'astuce pigée, il devient enfantin de jouer avec les surventes car l'aile répond au doigt et à l'œil, du moins au moindre appui sur le flotteur. Aile joueuse donc et sensible ; c'est beaucoup plus vivant et très agréable ; le jeu s'installe dans la confiance et la facilité. Et si l'envie vous en prend, la contre-gîte lui va parfaitement et je vous renvoie aux chiffres relatifs à la VMG. Là encore, la bête se prête au jeu sans renâcler ; mais il lui faut impérativement un minimum d'une quinzaine de nœuds de vent pour que cet exercice soit plaisant.

Le travers et le largue

C'est naturellement à ce stade que l'on attend cette aile ! Le Loke race a souvent été décrit (en version aile "L") comme fougueux et dédié essentiellement au programme "up and down". Cette aile apporte une dimension nouvelle à ce foil en lui permettant de se prêter avec maestria au vent travers comme aux descentes dans le vent... C'est toujours sur la pointe des pieds que l'on aborde ce domaine car les craintes sont bien là, surtout avec des rafales au-delà de 20 kts...  Le foil ne va-t-il pas avoir tendance à sortir de l'eau ? Tous les vent-travers se sont révélés sécurisants ; le pied AR abandonne le strap et vient se positionner juste à côté sous le vent ou très légèrement en avant du strap. La glisse est impressionnante car la vingtaine de nœuds est quasi automatique sans aucunement avoir besoin de prendre la position de recherche de vitesse en déverrouillant les genoux. 

Encouragés par ces performances, il est alors très facile (bien que la gorge un peu serrée au début) d'abattre dans les 120° par rapport au vent... C'est alors un ravissement, mais l'on retombe là dans un exercice qui est déjà acquis avec l'aile "L". La nouveauté, c'est que la vitesse est nettement supérieure et le plus remarquable, dans un confort de pilotage qui permet des ajustements d'appui par simples variations d'inclinaisons du haut du corps. Le pied AR situé aux environs de la ligne centrale du flotteur (légèrement au vent) n'est pas aussi reculé qu'avec la grande aile et il est peu fréquent de devoir faire varier cet appui ce qui contribue encore à ce sentiment de sécurité malgré un vent relatif qui décoiffe... A ce sujet, j'ai noté un effet "pervers" mais qui va dans le bon sens ; il n'est même plus nécessaire de creuser la voile au grand largue ou du moins pas autant qu'avec une aile de light wind.

L'airjibe et la polaire

L'envoi d'un jibe est l'aboutissement logique d'une abattée au largue et par conséquent, de par les résultats précédemment décrits, on se sent en totale confiance pour envoyer même de manière radicale ce type de manœuvre ! Et c'est un véritable festival. Je rappelle d'ailleurs que les airjibes passent "correctement" avec l'aile de 560, mais il faut s'appliquer. Par contre, la 725 engage cette manœuvre avec suffisamment de vitesse pour que l'on réalise sans être un virtuose des aijibes particulièrement harmonieux aux alentours de 14 kts de moyenne avec des points bas autour de 12 kts. Que du bonheur !

C'est ainsi que la polaire (voir PJ) prend un configuration "grassouillette" avec des ailes à la mode "chauve souris", c'est à dire avec les lobes de vitesses vers le grand largue et le vent arrière particulièrement développés. 

Happy End

En résumé, j'oserais presque dire que cette aile pourrait même supplanter l'aile "L", du moins pour un rider de gabarit ne passant pas les 80 kg. Mais là, je m'aventure sur un domaine qui me reste à explorer et je reviendrai vers vous pour en rendre compte. Il s'agit d'exploiter cette aile de 725 dans des airs légers autour de 10-12 kts avec une 8 ou 9 m². J'ai hâte !... Ce serait peut-être l'occasion de replacer ce foil de race (du coup slalom-race) à sa "juste" place ; à savoir un outil de tous les jours et pas seulement un engin élitiste !