PATRICK FOIL S2 vs SF 2022

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17 April 2022 by Eric Glissattitude

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Voile
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Programme : La zone verte situe le programme d'utilisation dans la fourchette FREESTYLE / FREERIDE / FREERACE / RACE

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À l’occasion de la journée test à Bombannes, nous avons enfin pu essayer les deux voiles Patrik S2 et SF dans des situations strictement identiques : même flotteur, même foil, même plan d'eau, même vent. C’est un test intéressant, car il permet de réaliser

  • La pertinence d’avoir un gréement commun pour l’aileron et le foil
  • L’apport réel d’un design spécifique pour le foil

On commence donc par la SF

Au pumping, la présence sous la main arrière permet un mouvement très efficace. On sent très rapidement l'appui dans le wishbone. Le gréement est plutôt raide, donc demande une condition physique adaptée pour être efficace.

En comparaison avec les voiles dédiées dont nous avons l’habitude, on note immédiatement, une fois lancée, une pression relativement importante dans le wishbone, et cette dernière s'accentue au fur et à mesure que l’on accélère.

Aux allures portantes, la voile délivre une puissance très généreuse qui peut au choix :

  • donner un bon coup de pied aux fesses pour aller chercher de la V Max si on sait s'accrocher
  • gêner ce qui ont pris l’habitude de voile plus neutre dans la main arrière, et qui peuvent avoir du mal à gérer la déstabilisation provoquée par cette puissance

Aux allures serrées, l’efficacité est en retrait car la main arrière devient inutile et plutôt contre-productive. Par ailleurs, la voile manque d'accélération en comparaison avec la S2.

Pour autant, même dans les rafales, on sent que le creux ne recule pratiquement pas, et la voile reste donc contrôlable. C’est juste notre efficacité qui est en retrait car la gestion de la puissance très généreuse peut poser problème. En comparaison avec les voiles dédiées, la voile a également plus tendance à plaquer le flotteur vers le bas dans les rafales et provoquer des touchettes.

Au jibe , La propreté du passage des cambers surprend en comparaison avec le côté plutôt rigide et sportif de la voile. Ça passe en une fois, sans s’arracher l’épaule, même si il faut quand même un mouvement un peu sec. Dans des conditions light, c'est du coup plus compliqué et il faut souvent aider le profil à passer à défaut de ne pas avoir la tonicité d'un compétiteur. En terme de maniabilité, le poids ressenti et la rigidité du gréement n'aide pas le jibe non plus.

Passons à la S2

Avec la même surface, et les mêmes conditions de vent, le pumping est plus technique. Cette fois, il est plus difficile d’utiliser l’appui dans la main arrière pour propulser la planche, et on va essentiellement travailler avec l'effet réflex du mat, en s’appuyant sur le haut de la voile qui ouvre moins. Pour tous ceux qui sont habitués aux voiles dédiées, ce n’est pas une découverte. Pour les autres, il faudra évidemment un temps d’adaptation avant de retrouver la même efficacité qu’avec une voile traditionnelle. En passant d'une voile à l'autre, la différence est flagrante.

Comme avec la SF, on note un gréement plutôt raide, avec un poids ressenti élevé pour une 7m .. cela nous rappelle immédiatement qu'il s'agit d'une voile de course et que le choix du concepteur est allé vers des matériaux robustes, donc plus lourds que notre voile de référence (Hyperglide 4). Le pumping est donc physique, mais si vous en avez (du physique), l'efficacité est au rendez vous avec une propulsion quasi immédiate. 

Une fois en l’air, l’accélération est progressive sans aucun effet de déplacement du creux vers l’arrière, ni de pression dans la main arrière. En comparaison, la SF propulse avec une accélération plus franche et immédiate.

Une fois la vitesse de croisière atteinte, la S2 révèle tout son potentiel avec une propulsion soutenue et régulière. La pression dans la main arrière reste minimale et la vitesse de croisière atteinte semble un peu "magique". Par rapport à la SF, la stabilité longitudinale est bien meilleure : la voile n'a plus tendance à plaquer la planche lorsque l'on s'appuie dans le wish.

Quand on lofe pour serrer l'allure, la magie opère de façon encore plus évidente. Cette fois, on a une pénétration dans l'air tout à fait impressionnante. On a l'impression d'avoir un fil à couper le beurre en main, signe d'une aérodynamique exceptionnelle. On avait déjà eu un aperçu de cette sensation sur la S+ l'an passé, mais la voile avait trop d'inconvénients à mes yeux pour faire apprécier cette glisse à sa juste valeur. Cette fois, la balance penche de l'autre côté et le plaisir est au rendez vous.

À l’amorce de l’empannage, la rigidité et le poids de la voile se rapellent à notre bon souvenir, et la manœuvre est relativement physique, même si on a très largement gagné par rapport au modèle Foil+ testé l'été dernier.  Le passage des cambers est plutôt viril, mais il passe en un coup et proprement. Il ne reste jamais "bloqué entre 2" comme sur un nombre non négligeable de voiles dédiées.

Bilan

Cette comparaison était ultra intéressante car il est rare de pouvoir évaluer les apports et inconvénients d'une voile dédiée. Le fait que les 2 voiles aient été devéloppées par la même équipe était un point capital pour que notre jugement porte uniquement sur la fonction et non sur le feeling propre à la marque.

Au global, la S2 est évidemment la voile la plus intéressante en utilisation foil. C'est celle qui offre les meilleurs performances moyennes et le plus grand confort de navigation. En dehors de la comparaison des 2 voiles, cette S2 m'a littérement bluffée par son côté ultra pénétrant et efficace au près !

La SF utilisée en foil révèle un visage plus contrasté : l'agréement, la stabilité, l'équilibre longitudinal, les performances moyenne au près sont en retrait par rapport à la S2. Par contre, elle est plus facile au pumping pour les utilisateurs ne connaissant pas les voiles dédiées, et se révéle intéressante pour taper de la VMax aux allures abattues.

Alors SF ou S2 ? Si vous êtes addict du foil, y a pas photo : ce serait dommage de passer à côté de l'apport subtentiel de la S2. Par contre, si vous pratiquez les 2 disciplines, et faites de la compétition en programme slalom (essentiellement travers), le côté agréement et plaisir passera peut être en second plan sachant que votre niveau technique compensera en partie les moins bien. Dans ce cas, la SF vous permettra de n'avoir qu'en jeu de voile (au moins pour les petites surfaces) très efficace et pêchue pour déboiter quand il faut.

Pour le reste, le feeling des 2 voiles est cohérent : ce sont des voiles qui ne peuvent cacher leur ADN 100% course. Ce sont des voiles très abouties (gros travail de développement), diablement efficaces, mais physiques, et viriles. Bref , réservées aux experts entrainés. Pour les navigateurs occasionels qui cherchent confort et légèreté, ou ceux qui hésitent entre freerace ou course, passez votre chemin.  

 

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